mercredi 5 décembre 2018

GERMAINE

Type : Yawl à cornes, yacht


Gréement : mât en 2  parties (à chouque) ;  une grand-voile à corne et un flèche ; 2 focs, une trinquette. Bout-dehors ; Un mât de tapecul portant 1 voile à corne et 1 flèche.


Matériaux : coque  en bois ; mâts  en bois.
Date et lieu de lancement :  1882 en Angleterre (chantier Camper et Nicholson à Gosport), sur des plans de Ben Nicholson
Autres noms  : ?
Utilisation initiale : voilier de course
Dernière nationalité connue : française
Dernier port d'attache connu : Douarnenez (Finistère) au Port-Rhu, près du port-musée.

Dernière utilisation connue : Voilier de croisière et de promenade

Signification du nom : Germaine : un prénom, peu porté aujourd'hui. C'est apparemment le nom d'origine du voilier. C'est aussi une chanson très connue de Renaud.

Longueur HT : 15 m
Longueur de la coque : 12,8 m
Longueur à la flottaison : 10,4 m 
Largeur maximale : 2,85 m
Tirant d'eau maximal : 2,05 m
Tirant d'air :  m
Déplacement : 18 t.
Surface maxi de voilure : ? m² 

État : récemment restauré, bien entretenu

Avant : étrave verticale 
 
 
Arrière : voûte très élancée ; tableau en bois verni, portant le nom du voilier ; barre franche ; queue de malet recourbée vers le bas ("queue de maquereau")

 
Coque : blanche ; liston

Superstructures : rouf allongé en bois verni, très discret.

   Germaine a été construit en 1882, essentiellement pour régater. Il a changé plusieurs fois de gréement, tantôt en yawl, tantôt en cotre, parfois avec un grand-mât raccourci (à pible, sans mât de flèche). Comme beaucoup de bateaux très anciens, son histoire est "en pointillés" ; il a par exemple servi de house-boat dans les années 1950, avant d'être à nouveau abandonné. Il a été retrouvé en 1972 par le chantier Camper et Nicholson, qui voulait le restaurer. Faute de moyens, l'idée a été abandonnée et le bateau se dégradait de plus en plus.
    Ce n'est qu'en 1997 que le propriétaire actuel, Patrick Bigand a pu l'acquérir, pour une livre symbolique, et en décider la restauration. Celle-ci est plutôt une reconstruction, et le bateau est à nouveau magnifique; Mis à l'eau en mai 2013, il a quitté l'Angleterre en septembre pour Douarnenez (traversée Lowestoft - Douarnenez)
    C'est désormais un des plus vieux voiliers français (il a 14 ans de plus que Pen Duick ou Belem) et parmi les plus beaux. Douarnenez (tout le bateau n'est pas visible). Il s'est fait remarquer par son élégance lors des parades de Temps-fête 2018.
    Nous lui trouvons de nombreuses ressemblances avec Partridge, magnifique plan Camper et Nicholson de 1885, gréé en cotre, qui fréquente assidûment les régates méditerranéennes.
    D'autres détails et des photos du bateau sous voiles sur le site de Germaine : cliquer ici.
    Le numéro 265 du Chasse-Marée, paru en janvier 2015, comporte un article sur Germaine et son propriétaire, Patrick Bigand. 

vendredi 30 novembre 2018

BROKOA (BA 801528)


Type : Chaloupe  pontée (Txalupa basque)
Gréement : les 2 mâts en 1 seule  partie (à pible) ; voiles au tiers sur les 2 mâts : la voile d'avant est la misaine, celle du grand mât, le taillevent ; pas de foc.


Matériaux : Coque et pont en bois ; mâts en bois.
Date et lieu de lancement :  1991 au chantier Hiruak-Bat, à Socoa, dans les Pyrénées Atlantiques.
Autres noms  : aucun.
Utilisation initiale : voilier de plaisance ; l'original était un bateau de pêche.
Dernière nationalité connue : française
Dernier port d'attache connu : Baie de Saint -Jean de Luz (plusieurs ports)
Dernière utilisation connue : voilier de croisière et de promenade.

Signification du nom : Brokoa est le nom basque du fou de Bassan, le plus grand oiseau de mer de l'hémisphère nord; Lorsque les fous de Bassan plongent, depuis une altitude de plusieurs dizaines de mètres, cela signifie la présence d'un banc de poissons (sardines ou anchois) ; souvent accompagnés de prédateurs marins (maquereaux, ou bars, ou thons, ou dauphins, ou requins ; rarement ces espèces à la fois, elles ne font pas bon ménage, si on peut dire ; les plus agressifs chassant les autres. L'espoir d'une bonne pêche pour les marins de la chaloupe qui passe à proximité..


Longueur hors-tout :   13,8 m (y compris le safran)
Longueur de la coque : 13 m
Longueur à la flottaison :  m 
Largeur maximale :  2,85 m
Tirant d'eau maximal : 1,1 m
Tirant d'air : 10 m
Déplacement : 11 t.
Surface maxi de voilure : 79 m² 

État : restauré,  bien entretenu.


Avant : étrave verticale, un peu convexe ; pas de bout-dehors ; numéro BA 801528 (BA pour Bayonne).


Arrière : pointu.
Coque : noire ; liston blanc ; proportionnellement étroite ; possibilité d'installer une dérive latérale de chaque côté.

Superstructures : bateau ponté ; bancs de nage pour la propulsion à l'aviron.
 
    Brokoa est la réplique d'une grande chaloupe basque, ou Txalupa, construite en 1991 à Socoa et récompensée au concours des bateaux des côtes de France, à Brest 1992.
    Construite par l'association "Itsa Begia" (ce qui signifie "les yeux de la mer",) c'est la réplique d'une des nombreuses chaloupes utilisées par les pêcheurs basques du dix-septième au vingtième siècle ; la dernière a navigué jusqu'en 1925. Leurs équipages pêchaient, dans le golfe de Gascogne,  et jusqu'en Irlande, des poissons de fond (merlus, congres, etc) et les thons, lors de leurs migrations estivales. Ils pêchaient aussi les morues ou chassaient les baleines sur les bancs de Terre-Neuve : certains étaient basés dans la grande île ou  à Saint-Pierre et Miquelon ; d'autres chaloupes servaient d'annexes aux navires terre-neuviers. Il n'est pas exclu que certaines chaloupes aient fait la grande traversée : les Basques étaient parmi les marins les plus hardis (attention : les Bretons aussi !)
    Cette chaloupe, longue et étroite, est sans doute le plus grand canot voile-aviron : dépourvue de moteur, elle est mue par la force humaine pour les manœuvres de port et dans les calmes, si fréquents au fond du golfe de Gascogne. Il faut alors au moins 8 rameurs, mais l'équipage complet comprend 11 rameurs et 1 patron. Pas question alors d'embarquer des passagers passifs ! Ce n'est pas la galère, les rameurs ne sont pas fouettés et ils sont bien nourris, mais cela représente quand même une tonne à propulser par rameur, avec un aviron de 4,3 m. Quand cela doit durer des heures, mieux vaut avoir la santé ! Heureusement, Brokoa marche vite et bien à la voile dès qu'il y a du vent. Un long bord de portant à plus de 10 nœuds, par brise de  force 5 à 6, voilà de quoi réconforter nos valeureux rameurs.
     Présente à de nombreux rassemblements de voiliers traditionnels, Brokoa participait récemment à temps-fête 2014, à Douarnenez.
   

samedi 13 octobre 2018

DON SILVANO

Type : Goélette aurique à 2 mâts.






Gréement : mâts en 2 parties (à chouque, mâts de flèche très courts) ; les 2 mâts portent des voiles à corne ; trinquette ; foc sur beaupré.

Matériaux : coque en bois (acajou).

Date et lieu de lancement :  1970 au Brésil (Bahia ?) , par Eduardo Meurer, son 1er propriétaire.
Autres noms  : aucun
Utilisation initiale : bateau de plaisance
Dernière nationalité connue : Française
Dernier port d'attache connu : Sète ?

Dernière utilisation connue : Voilier de croisière et de promenade.
 
Signification du nom : Don Silvano : le père de la cantatrice brésilienne qui a fait construire ce bateau. 

Longueur HT : 30 m
Longueur de la coque : 20 m
Longueur à la flottaison : 14 m 
Largeur maximale : 4,8 m
Tirant d'eau maximal : 1,7 m
Tirant d'air :  m
Déplacement : 25 t.
Surface maxi de voilure : 120 m² (?)

État : restauré.


Avant : étrave à guibre ; sculpture représentant un marlin sur chaque bord.

Arrière : tableau ; safran au tableau ; sculpture sur chaque bord.

 
Coque : blanche, construction à clins.


Superstructures : dunette entourée d'un bastingage en bois, à balustres : rouf à 3 hublots carrés sur chaque bord, autour du grand mât. 

   Cette goélette a été construite en 1970 au Brésil. Elle a d'abord navigué en mer et sur l'Amazone, et a été utilisée pour des tournages de films. Achetée par un portugais, Antonio Dos Santos, elle a effectué 3 traversées de l'Atlantique et a encore participé à des tournages de films et de séries télévisées. Depuis 2010, Don Silvano appartient à Régis Dubruque qui l'a entièrement restaurée. Elle est classée Bateau d'intérêt patrimonial (BIP). D'abord basée dans le Nord, à Graveline puis à Dunkerque, elle a rejoint le port du Crouesty, à l'entrée du Golfe du Morbihan : elle participait à la semaine du Golfe du Morbihan en 2017. Don Silvano était présente à Escale à Sète 2018, fin mars début avril. Son propriétaire cherche actuellement un nouveau port d'attache, qui pourrait être Sète.


mercredi 19 septembre 2018

FLEUR DE PASSION

Type : Ketch à voiles à corne.

Gréement : 2 mâts en 1 seule  partie (à  pible) ;  une grand- voile à corne, un flèche ; un foc, une trinquette ; une voile de tapecul (ou d'artimon ?) sur le mât arrière. Celui-ci, en arrière de la barre, mais en avant du safran rend difficile le classement du bateau : dundée ou ketch ? Les propriétaires le qualifient de ketch.

Matériaux : coque composite : structure en acier, bordés en bois (chêne) ; pont en bois  
Date et lieu de lancement : 1941 à Bremen, en Allemagne
Autres noms : nom initial inconnu ; Trébéron, dans la Marine nationale française.
Utilisation initiale : navire militaire allemand à moteur (KriegfischKutter, ou KFK)
Dernière nationalité connue : pavillon suisse (Genève)
Port d'attache : Toulon ou Marseille ?
Utilisation : Voilier de croisière  associatif

      Signification du nom : Fleur de Passion : une très jolie fleur qu'on appelle aussi passiflore (dans ce cas, on dit plutôt fleur de la passion). Mais sil s'agit ici d'une référence au livre d'un écrivain canadien, Farley Mowat : Fleur de Passion, mergitur nec fluctuat. (ou "le bateau qui ne voulait pas flotter") . Heureusement, le bateau décrit dans cette fiche fait preuve de meilleure volonté que celui du livre...

    Trébéron, le nom que la Marine Nationale lui a donné lorsqu'il lui a été attribué en 1945, est celui d'une petite île de la rade de Brest, proche de la base de sous-marins de l'île Longue. Elle a accueilli un lazaret, lieu de quarantaine pour les voyageurs qui arrivaient à Brest. Ceux qui ne survivaient pas étaient enterrés à l'île des morts, toute proche. par la suite, Trébéron a été le site d'une poudrière, puis, aujourd'hui, d'installations top secret de la Marine, en rapport avec l'île Longue : débarquements et même approche strictement interdits.
Longueur hors-tout :  33 m
Longueur de la coque : 24 m
Longueur à la flottaison : m 
Largeur maximale :  6,1 m
Tirant d'eau maximal : 2,8 m
Tirant d'air :  24 m
Déplacement : 100 t.
Surface maxi de voilure :  380 m² 

État : plusieurs fois restauré, bien entretenu
Avant : étrave inclinée, un peu convexe ; bout-dehors ; écubier et ancre sur tribord.
 
 
Arrière : pointu, type norvégien.
 
  

Coque : blanche, pavois bleu.  
Superstructures :  rouf, devant le mât arrière



   
   Fleur de Passion est un ancien bateau militaire allemand lancé en 1941 pour la défense côtière et la pose des mines. Il était du type KriegfischKutter, ou KFK, construit à plus de 600 exemplaires. Ces bateaux à moteur possédaient une timonerie. Ils pouvaient éventuellement être gréés en voiliers.
  Fleur de Passion est devenu français en 1945, lorsqu'il a été donné à la Marine Nationale comme dommage de guerre. Il est resté bateau de servitude militaire jusqu'en 1970.
  Vendu à un particulier, il a alors été restauré et transformé en voilier de plaisance, servant déjà  à des activités de réinsertion de jeunes et d'apprentissage de la mer
   En 2001 il est devenu propriété d'une association franco-suisse, dont le siège est près de Genève : l'association Pacifique. Il a été restauré de 2003 à 2009 (à Marseille et dans la région, ainsi qu'en Tunisie), et réaménagé pour accueillir des passagers (12, en majorité des jeunes) participant à la vie du bord. L'équipage est coposé de 4 personnes.
    Le voilier était présent aux fêtes de Brest 2012. Il est parti en 2014 pour une circumnavigation à vocation scientifique (pollution et climat, pollution sonore). En 2016 il était à Tahiti. Pas de nouvelles plus fraîches...